Guide pratique · 03 Refonte & performance

Comment analyser les performances historiques de son site avant refonte

Ce guide accompagne les dirigeants de TPE et PME dans l’analyse méthodique des performances passées de leur site web en vue d’une refonte. Il détaille une méthode opérationnelle, s

Sommaire13 parties · FAQ
  1. 01Pourquoi analyser les performances historiques avant une refonte ?
  2. 02Exemple fictif : une PME face à l’analyse de son site
  3. 03Inventorier les pages et contenus clés du site
  4. 04Collecter et centraliser l’historique de données du site
  5. 05Étudier le trafic, les utilisateurs et leurs comportements
  6. 06Évaluer la performance technique et l’accessibilité
  7. 07Analyser le référencement naturel et l’acquisition de trafic
  8. 08Évaluer la conversion et l’efficacité des formulaires
  9. 09Décider : quoi conserver, faire évoluer ou supprimer
  10. 10Les erreurs fréquentes lors de l’analyse historique d’un site
  11. 11Checklist dirigeant : analyser l’historique de son site avant refonte
  12. 12Utiliser ces analyses pour piloter et réussir la refonte
  13. 13Ressources utiles et guides connexes pour approfondir
  14. 14Questions fréquentes

La refonte d’un site internet représente un tournant stratégique pour toute TPE ou PME. Mais avant toute décision, il est essentiel de comprendre comment le site a réellement performé jusqu’ici : quelles pages apportent de la valeur, quels contenus convertissent, où se situent les points de friction pour l’utilisateur, qu’en est-il du référencement et du trafic ? Cette analyse historique ne repose pas sur le ressenti ni sur quelques anecdotes, mais sur une collecte structurée de données, l’interprétation d’indicateurs fiables et la prise de décisions documentées. Ce guide propose une méthode concrète, pas à pas, ponctuée d’exemples et de conseils pratiques. Il intègre une checklist détaillée pour éviter les erreurs et réussir la phase d’analyse, première pierre d’une refonte efficace.

Pourquoi analyser les performances historiques avant une refonte ?

Une refonte de site n’est pas simplement un changement de design ni un ajout de fonctionnalités modernes. Elle engage une partie du capital immatériel de l’entreprise : son audience, son image, sa capacité à générer des contacts ou des ventes. De nombreux dirigeants découvrent après coup que des contenus ou des fonctionnalités essentiels ont été perdus, des sources de trafic ignorées, ou que le référencement a chuté. L’analyse historique du site vise à éviter ces erreurs, à capitaliser sur ce qui fonctionne déjà, et à documenter les axes d’amélioration.

L’identification précise des forces et des faiblesses actuelles permet de bâtir un nouveau site qui ne part pas de zéro, mais bénéficie de l’expérience accumulée. Vous limitez ainsi les risques de recul en visibilité, en nombre de contacts reçus, ou, pire, d’erreurs techniques (liens cassés, formulaires non transférés). Cette phase d’analyse prépare aussi les échanges avec votre prestataire, qui pourra s’appuyer sur des données tangibles pour vous conseiller, et non sur des suppositions.

Exemple fictif : une PME face à l’analyse de son site

Imaginons la société ‘Garage Dubois’, PME de mécanique automobile implantée dans une ville moyenne. Son site, mis en ligne il y a cinq ans, propose une présentation de l’équipe, les prestations, un blog de conseils et un formulaire pour les rendez-vous. La décision de refonte naît d’un design jugé daté et de besoins fonctionnels nouveaux (prise de rendez-vous automatisée).

Pour ne rien perdre de l’existant, la direction suit une démarche structurée : recensement de l’ensemble des pages et fonctionnalités, analyse du trafic à partir de Google Analytics, compilation des demandes reçues via formulaire, et relevé des contenus régulièrement partagés sur les réseaux sociaux. Ce travail fait émerger plusieurs constats-clés : la page ‘Conseils entretien moteur’ génère plus de la moitié du trafic organique, le formulaire de contact connaît des pics de demande le dimanche soir, mais plusieurs pages sur des services secondaires n’ont presque aucune visite. Sur cette base, les décisions de la refonte sont priorisées : conserver certains contenus, améliorer l’accès mobile et repenser les services peu consultés.

Inventorier les pages et contenus clés du site

La première étape pratique consiste à dresser la liste de toutes les pages de votre site : pages principales, articles de blog, fiches produits ou services, formulaires intégrés, etc. L’inventaire doit être exhaustif, car tout contenu oublié risque de disparaître lors de la refonte, au détriment du trafic ou du référencement. Plusieurs méthodes existent pour réaliser cet inventaire.

Un dirigeant peut faire ce travail de façon manuelle, en parcourant le menu et chaque rubrique, mais il est préférable de l’associer à un export automatique via des outils adaptés selon le CMS (généralement une extraction du plan du site ou l’utilisation d’un crawler accessible aux non-techniciens).

Pour formaliser l’inventaire, un simple tableau Excel avec le titre de la page, son URL, le type de contenu (page institutionnelle, fiche produit, article, etc.) et ses liens internes suffit. Ce travail fait écho au guide détaillé sur l'inventaire d’URL Faire l’inventaire des URL avant de changer de site, qui détaille comment structurer et exploiter votre fichier.

Pensez aussi à inclure dans votre inventaire les éléments non textuels à forte valeur ajoutée : images originales, vidéos, témoignages ou éléments de preuve sociale.

Collecter et centraliser l’historique de données du site

La collecte des données historiques repose en priorité sur les outils d’analyse installés sur votre site (Google Analytics, Matomo, ou équivalents). Si votre site n’est pas suivi par un outil de ce type, vous pouvez parfois accéder à des statistiques via votre hébergeur ou certaines extensions du CMS.

Il s’agit de réunir les principales métriques : nombre de visiteurs, sources de trafic (recherche, sites référents, réseaux sociaux, trafic direct), pages les plus consultées, taux de rebond, conversions réalisées via formulaires ou appels téléphoniques. Sauvegardez également des copies d’écran ou exportez les rapports mensuels afin de garder une trace des tendances observées.

La période à analyser dépend de l’ancienneté du site : au minimum les douze derniers mois, ou davantage pour détecter des évolutions (par exemple une baisse régulière du trafic ou une saisonnalité récurrente). Notez bien pour chaque indicateur les moments particuliers qui auraient pu influer sur les chiffres : campagnes publicitaires, période de Covid-19, changement d’offre.

Étudier le trafic, les utilisateurs et leurs comportements

L’analyse du trafic ne s’arrête pas au simple comptage. Il faut comprendre comment les visiteurs se déplacent sur le site, ce qu’ils recherchent et où ils abandonnent leur navigation. Trois axes principaux sont à considérer.

D’abord, identifiez les pages d’entrée et de sortie : une page qui attire beaucoup de visiteurs mais génère aussi de nombreux départs immédiats (taux de rebond élevé) mérite une attention particulière. Ensuite, visualisez les parcours les plus fréquents (par exemple, visite de la page d’accueil, puis consultation de deux services majeurs, puis formulaire de demande). Enfin, repérez les segments d’audience à forte valeur (clients récurrents, lecteurs d’infolettre, visiteurs mobiles).

Certains outils de webanalyse proposent des cartes de chaleur (heatmaps) ou des enregistrements de sessions anonymes. Ils illustrent les zones d’attention et les irritants potentiels. Restez vigilant : ce type de solution doit respecter la confidentialité décrite dans votre politique de gestion des données.

Évaluer la performance technique et l’accessibilité

Un site performant ne se juge pas uniquement à la quantité de visiteurs ou de formulaires reçus. La rapidité d’affichage, la compatibilité mobile et l’accessibilité aux personnes en situation de handicap sont aussi déterminantes pour l’expérience utilisateur et le référencement.

Pour mesurer la vitesse de chargement, utilisez des outils en ligne accessibles, tels que PageSpeed Insights ou GTMetrix (versions gratuites disponibles). Notez les pages lentes à afficher, en particulier sur mobile. Elles sont souvent responsables d’abandons prématurés. L’ouvrage MDN rappelle qu’une structure HTML bien pensée contribue à l’accessibilité, bénéfique à la fois pour les utilisateurs et le référencement MDN : une structure HTML accessible.

Sur l’accessibilité, faites le test d’utiliser le site avec uniquement le clavier ou un lecteur d’écran sur quelques pages clés : cela permet de repérer rapidement les obstacles pour certains profils d’utilisateurs.

Analyser le référencement naturel et l’acquisition de trafic

La refonte d’un site est toujours un moment critique pour son référencement. Avant d’engager tout changement, il est fondamental de connaître les forces SEO du site existant pour ne pas les sacrifier.

Examinez : quelles URL génèrent la majorité des visites issues des moteurs de recherche, sur quels mots-clés votre site est-il positionné, quelles pages reçoivent des liens (backlinks) en provenance d’autres sites ou médias. De nombreux outils gratuits ou à prix modéré donnent un aperçu de votre positionnement et de vos principaux mots-clés (ex : Google Search Console). N’oubliez pas d’extraire les données sur les liens reçus et leurs pages de destination.

Il est courant que la page la plus visitée ne soit pas la page d’accueil, mais un article ou une fiche service spécialisée. Cette observation, relevée dans l’exemple fictif du Garage Dubois, doit guider vos choix lors de la refonte.

Pour la question des liens internes, respectez les recommandations de Google sur la création de liens utiles et cohérents pour l’utilisateur Google : bonnes pratiques pour les liens.

Évaluer la conversion et l’efficacité des formulaires

Pour une TPE ou PME, le principal objectif d’un site est souvent la génération de demandes (devis, contact, rendez-vous, téléchargement d’une brochure). Il est donc essentiel de vérifier quelles pages transforment les visiteurs en prospects.

Commencez par un relevé des formulaires existants, en indiquant leur rôle, leur taux d’utilisation (si cette donnée est mesurable), les périodes d’activité, leur intégration avec le CRM (par exemple une solution comme le CRM privé de SiteToClient le CRM privé inclus avec votre site). Vérifiez si certaines étapes freinent la saisie (par exemple trop de champs obligatoires, des délais de réponse longs ou une absence de message de confirmation). Un guide complet est dédié à l’audit des formulaires avant refonte Vérifier les formulaires d’un site existant avant sa refonte.

Distinguez les pages générant de l’engagement mais non conclue par une demande, afin de détecter les opportunités d’amélioration (ex: une page catalogue qui attire mais ne convertit pas faute de bouton d’action ou de formulaire adapté).

Décider : quoi conserver, faire évoluer ou supprimer

Une fois l’analyse réalisée, vient le temps des décisions. Établissez une synthèse : listez, page par page et fonctionnalité par fonctionnalité, ce qui doit absolument rester (pages à fort trafic, formulaires utilisés, contenus qui génèrent des liens), ce qui mérite une évolution (design, lisibilité, enrichissement de page), et ce qui peut être supprimé sans impact négatif.

N’hésitez pas à annoter vos choix avec des explications, afin de pouvoir les présenter à votre prestataire ou de garder un historique pour des itérations futures. Ce travail rejoint directement les recommandations du guide sur l’audit des contenus à conserver ou à changer Auditer son site avant une refonte : quoi conserver et quoi changer.

Si un contenu performant existe mais n’est plus aligné avec votre offre, il peut être adapté ou déplacé, mais doit faire l’objet d’une redirection pour ne pas fragmenter votre audience ni perturber votre référencement.

Les erreurs fréquentes lors de l’analyse historique d’un site

Voici les principales erreurs constatées chez des dirigeants ou équipes non accompagnées lors de la préparation d’une refonte :

- Négliger des pages importantes en se fiant uniquement à la navigation depuis la page d’accueil : certaines entrées indirectes passent par des liens externes ou des résultats de recherche.

- Se baser sur des impressions subjectives (“on ne reçoit plus de demandes, donc le site ne sert à rien”) sans vérification par les chiffres.

- Oublier d’impliquer les utilisateurs : une fonctionnalité technique peut paraître obsolète alors qu’elle est toujours utilisée par certains clients ou partenaires.

- Mélanger l’analyse des performances récentes avec celle de périodes particulières (promo, crise sanitaire) sans fil conducteur.

- Exporter des rapports d’analyse non commentés, qui ne seront pas compris de l’équipe ou du prestataire.

Garder trace de ces erreurs permet de solidifier la démarche d’analyse en vue d’une refonte bénéfique.

Checklist dirigeant : analyser l’historique de son site avant refonte

√ Réunir l’ensemble des accès (CMS, outils d’analyse, hébergeur).

√ Dresser un inventaire des pages, contenus et fonctionnalités (y compris images et vidéos originales).

√ Exporter ou photographier les données de trafic sur les 12 à 24 derniers mois.

√ Identifier les sources de trafic principales et les pages qui drainent le plus de visiteurs.

√ Repérer les formulaires et autres dispositifs de conversion, noter leur efficacité et points faibles.

√ Tester la vitesse sur plusieurs pages et différents appareils (poste, mobile, tablette).

√ Faire un relevé des mots-clés principaux et liens reçus (via Google Search Console ou équivalent).

√ Noter les signaux d’accessibilité ou blocages pour des publics spécifiques.

√ Synthétiser, pour chaque page ou groupe de pages, la décision à prendre lors de la refonte : conserver, modifier, supprimer.

√ Préparer un dossier ou un tableau de suivi à présenter au prestataire ou à utiliser en interne lors du cadrage de la refonte.

Utiliser ces analyses pour piloter et réussir la refonte

Le fruit de votre analyse historique n’est pas qu’un bilan : il sert de feuille de route pour piloter la refonte et dialoguer efficacement avec votre prestataire. Les données recueillies permettront de rédiger un cahier des charges précis, d’imposer des priorités (par exemple la migration de tous les articles à forte audience, ou l’amélioration des conversions sur mobile), ou encore d’identifier les évolutions qui feront la différence.

Si vous vous posez aussi la question du changement de CMS, ce travail prépare parfaitement la réflexion et alimente les décisions structurantes. Le guide consacré à ce sujet est disponible Changer de système de gestion de contenu : impacts et préparation.

N’hésitez pas à compléter ce socle d’analyse par l’audit de vos images Préparer des images rapides et lisibles pour son site ou des fiches produits si votre site en propose, pour garantir une refonte complète et sans perte d’actifs numériques.

Enfin, gardez à l’esprit que les pratiques recommandées par Google pour la création de contenus utiles et l’organisation des liens restent des fondamentaux dans la réussite d’une nouvelle version Google : créer des contenus utiles.

Ressources utiles et guides connexes pour approfondir

Pour approfondir votre démarche, plusieurs ressources vous aident à structurer et compléter votre analyse préalable à la refonte :

- Guide : 'Changer de système de gestion de contenu : impacts et préparation' Changer de système de gestion de contenu : impacts et préparation

- Guide : 'Faire l’inventaire des URL avant de changer de site' Faire l’inventaire des URL avant de changer de site

- Guide : 'Vérifier les formulaires d’un site existant avant sa refonte' Vérifier les formulaires d’un site existant avant sa refonte

- Guide : 'Préparer des images rapides et lisibles pour son site' Préparer des images rapides et lisibles pour son site

- Guide : 'Refondre un site sans interrompre la réception des demandes' Refondre un site sans interrompre la réception des demandes : Guide pratique pour dirigeants de TPE/PME

- Guide : 'Auditer son site avant une refonte : quoi conserver et quoi changer' Auditer son site avant une refonte : quoi conserver et quoi changer

Ressources externes de référence :

- Google : recommandations officielles pour des contenus utiles Google : créer des contenus utiles

- Google : conseils pour structurer vos liens Google : bonnes pratiques pour les liens

- MDN : fondamentaux d'accessibilité pour les sites web MDN : une structure HTML accessible

Questions fréquentes

Combien de temps prévoir pour analyser les performances de son site avant une refonte ?

Pour une TPE ou PME avec un site vitrine classique, consacrez une à deux semaines à l’ensemble de la démarche, de la collecte de données à la synthèse. Ce délai permet de croiser les informations, de consulter les collaborateurs et, si besoin, de réaliser des tests complémentaires. Pour un site à forte volumétrie (catalogue produits, nombreuses pages, blog étoffé), prévoyez davantage, notamment pour l’audit SEO et le relevé d’interactions utilisateurs.

Faut-il être expert technique pour mener cette analyse ?

Non, l’essentiel de l’analyse repose sur des exports de données ou des relevés observables par le dirigeant ou un collaborateur impliqué. Les guides internes comme Faire l’inventaire des URL avant de changer de site et Auditer son site avant une refonte : quoi conserver et quoi changer précisent chacune des étapes et proposent des exemples de tableaux prêts à l’emploi. Néanmoins, pour des aspects très techniques (audit serveur, balises SEO avancées), l’appui ponctuel d’un prestataire peut sécuriser la démarche.

Peut-on réaliser une refonte efficace sans analyser l’existant ?

Il est risqué de se lancer dans une refonte sans cette étape d’analyse. Beaucoup de sites perdent un trafic essentiel ou voient leur conversion chuter à la suite de la disparition de pages ou de formulaires importants non repérés à temps. L’analyse historique permet d’anticiper ces pertes et de bâtir la nouvelle version sur des atouts vérifiés.

Comment utiliser les résultats de l’analyse pour choisir son prestataire de refonte ?

Une synthèse claire de vos points forts/faibles, besoins et priorités facilite le dialogue avec les prestataires. Elle leur permet de comprendre la valeur de certains contenus, de prévoir la migration des éléments-clés, et de formuler des recommandations adaptées. Elle montre aussi votre implication, ce qui sécurise la prestation dans la durée.