GUIDE PRATIQUE · 10 MIN DE LECTURE

Auditer son site avant une refonte : quoi conserver et quoi changer

Découvrez une méthode pratique et concrète pour réaliser l’audit de votre site web avant sa refonte. Ce guide aide les dirigeants de TPE et PME à distinguer ce qu’il faut préserver

Lorsque l’on dirige une TPE ou une PME, la refonte d’un site internet est souvent vécue comme une étape risquée, mobilisatrice et stratégique. L’objectif n’est pas seulement d’obtenir un site plus design ou plus moderne, mais bien d’améliorer son efficacité, sa lisibilité et sa capacité à générer des contacts qualifiés. Or, refondre un site sans réaliser d’audit préalable revient à reconstruire une maison sans examiner la charpente ni inventorier les meubles existants. Faut-il tout jeter ou tout conserver ? Comment décider, de façon concrète et argumentée ? Ce guide propose une méthode active et accessible pour auditer son site avant une refonte, illustrée par un exemple fictif, assortie d’une checklist à appliquer, des erreurs concrètes à éviter, et accompagnée de liens utiles pour aller plus loin.

Pourquoi réaliser un audit avant une refonte ?

Refondre son site sans audit préalable expose à trois risques majeurs : perdre des contenus ou des fonctionnalités utiles, négliger les acquis de référencement et offrir un résultat finalement inadapté aux besoins réels. L’audit permet de dresser l’inventaire de ce qui fonctionne (pages visitées, sources d’entrée, modules fiables), de détecter ce qui dysfonctionne (ergonomie, accessibilité, lenteurs) et d’objectiver les décisions. Un audit réussi éclaire donc les arbitrages à venir pour ne pas repartir à zéro ou, à l’inverse, s’obstiner à conserver ce qui nuit à l’expérience. La procédure prend ainsi tout son sens dans une logique de progression et de sécurisation, en complément du cadrage stratégique détaillé dans le guide « Cahier des charges d’un site vitrine » Cahier des charges d’un site vitrine : le guide pratique.

Sans démarche d'audit, beaucoup d'entreprises se privent d’une vision claire de leur existant : il n’est pas rare de vouloir supprimer des pages peu esthétiques alors qu’elles génèrent du trafic, ou de conserver des rubriques obsolètes par habitude.

Exemple fictif : l’audit de La Ménagerie des Jardins

Pour illustrer la démarche, prenons l’exemple fictif de « La Ménagerie des Jardins », jardinerie indépendante en région Centre. Son site web, créé il y a six ans, comporte : une page d’accueil, des pages catégories (plantes, outillage, conseils), une page ‘Qui sommes-nous’, un formulaire de contact, et un module d’actualités. Les dirigeants veulent une refonte car le design semble daté et la navigation confuse.

Avant d’engager des travaux, ils réalisent leur propre audit. Ils découvrent que la page ‘Conseils’ rassemble plus de 40 % du trafic entrant via Google. Le module d’actualités, jamais mis à jour, n’est visité que par erreur. Leur formulaire de contact convertit très peu, car il ne fonctionne pas sur smartphone. Cet audit factuel va guider les décisions à prendre pour conserver, adapter ou supprimer certains éléments.

Étudier le contenu existant : inventaire et analyse

L’audit débute par l’inventaire détaillé de toutes les pages, rubriques et blocs du site. Cette opération peut être réalisée avec une simple feuille de calcul, en listant page par page : titre, URL, nombre de vues sur six ou douze mois, origine du trafic, taux de conversion (si disponible), dernier contenu publié, et toute particularité notable (formulaire, galerie, téléchargement, etc.).

L’objectif est double : repérer les pages réellement actives et les contenus sur lesquels repose l’acquisition de trafic, tout en identifiant ceux qui n’apportent plus rien ou pénalisent l’expérience. Par exemple, la Ménagerie des Jardins constate que toutes ses fiches conseils génèrent de l’activité alors que sa page ‘Nos partenaires’ est totalement ignorée.

Pour ne rien oublier, il est pertinent de consulter les statistiques du site (Google Analytics, Matomo, Jetpack ou équivalent) et de croiser avec les retours clients ou équipes.

Évaluer la performance et l’expérience utilisateur

Au-delà du contenu, il est indispensable de mesurer l’efficience technique et l’ergonomie globale. Cela passe par quatre axes : la rapidité du chargement, la lisibilité mobile (responsive), l’intuitivité de la navigation et l’accessibilité des fonctionnalités essentielles.

Des outils gratuits permettent de procéder à des premiers tests : Google PageSpeed Insights pour la rapidité, des simulations mobiles sur tablette et smartphone, des grilles d’analyse d’accessibilité inspirées des recommandations du MDN MDN : une structure HTML accessible, et des tests utilisateurs en interne (collègues, proches).

Cet audit doit mettre en lumière les points forts à préserver (par exemple, une navigation à double entrée simplifiant le parcours client) tout comme les faiblesses à corriger (exemple : modules Flash, menus opaques, ou boutons trop petits sur mobile). À la Ménagerie des Jardins, la lenteur d’affichage sur la page ‘Commandez un devis’ s’explique par des images trop lourdes et un script obsolète.

Analyser le référencement naturel et l’acquisition des visiteurs

Un audit pré-refonte inclut systématiquement l’étude du référencement naturel (SEO) : sur quelles pages et quels mots-clés s’effectue l’essentiel du trafic entrant ? Faut-il préserver certaines URL ou rediriger des liens externes ? L’utilisation de l’outil Google Search Console ou d’alternatives gratuites offre un aperçu précieux des pages qui génèrent des visites organiques.

Le but est d’identifier les contenus et structures qui participent à la visibilité du site afin de ne pas les compromettre (un risque fréquent lors d’une refonte). Il est conseillé de dresser la liste des pages recevant des liens depuis l’extérieur ou des sites partenaires, conformément aux bonnes pratiques Google : bonnes pratiques pour les liens.

À la Ménagerie des Jardins, trois fiches « Conseils de saison » sont régulièrement mentionnées sur des forums horticoles. Les supprimer ou changer leur URL sans précaution ferait perdre des visites qualifiées.

Impliquer les utilisateurs et les clients

L’analyse technique et statistique ne remplace pas les retours qualitatifs des utilisateurs réels, qu’ils soient internes (salariés, commerciaux) ou externes (clients fidèles, partenaires). Interroger un petit panel permet de valider (ou non) les hypothèses émises lors de l’audit.

Trois questions peuvent orienter les retours : quelles informations cherchez-vous systématiquement sur le site ? Où vous êtes-vous perdu lors de votre dernière visite ? Qu’est-ce qui vous a réellement aidé ou freiné ? À la Ménagerie des Jardins, certains clients expliquent qu’ils s’attendaient à réserver des ateliers, mais n’ont pas trouvé le formulaire correspondant.

Ces témoignages permettent de hiérarchiser les priorités et d’éviter de reposer uniquement sur une « vision métier » ou une lecture analytique des chiffres.

Quoi conserver ? Les critères de décision

Un premier tri s’amorce : conserver tout ce qui génère du trafic utile, apporte des preuves, répond clairement à une intention des utilisateurs et propose des fonctionnalités éprouvées et utilisées. Cela inclut souvent des contenus qui paraissent anodins (un FAQ rassurante, des études de cas), mais dont l’audience est significative.

Il faut également préserver les structures et parcours qui fluidifient l’expérience, ainsi que les fonctionnalités métier ayant fait la preuve de leur utilité. À l’inverse, le design visuel, l’ergonomie des menus ou certains modules techniques (calendrier, actualités) peuvent être repensés sans crainte si leur efficacité reste marginale.

Exemple : la Ménagerie des Jardins va conserver ses guides conseils pour leur impact sur le trafic et leur transformation en contacts.

Avant toute suppression ou évolution majeure, il est nécessaire d’archiver l’existant (textes, photos, données des formulaires) pour éviter toute perte lors de la bascule.

Quoi changer et comment le prioriser ?

Changer un contenu ou une fonctionnalité se justifie si : l’élément est techniquement obsolète, faiblement consulté, source d’erreurs, ou contraire aux usages modernes (ex : modules Flash, pop-up non mobiles, formulaires illisibles). Changer le design ou la navigation peut également répondre à des attentes fortes des clients et améliorer la lisibilité Google : créer des contenus utiles.

La priorisation passe par la gravité des problèmes détectés : un formulaire de contact qui ne marche pas sur mobile a un impact critique, alors qu’une actualité peu lue ne justifie qu’une évolution secondaire.

L’équipe fictive de la Ménagerie des Jardins classe les items dans un tableau : ‘A corriger d’urgence’ (formulaire de contact, images trop lourdes), ‘À repenser/moderniser’ (design global, navigation catégorie), ‘À supprimer/archiver’ (module d’actu non tenu à jour).

Ce travail de priorisation oriente ensuite la création du cahier des charges fonctionnel, étape sur laquelle on peut approfondir grâce au guide ‘Cahier des charges d’un site vitrine’ Cahier des charges d’un site vitrine : le guide pratique.

Méthodologie en 7 étapes pour auditer son site avant refonte

1. Dresser l’inventaire de toutes les pages, fonctionnalités et contenus du site.

2. Extraire et analyser les statistiques de trafic pour chaque page sur 6 à 12 mois.

3. Tester la performance (vitesse, mobile, accessibilité) en conditions réelles.

4. Relever les points forts et faibles côté ergonomie et expérience utilisateur.

5. Lister les fonctionnalités utilisées, obsolètes ou absentes mais attendues.

6. Confronter les analyses avec les retours de clients et d’utilisateurs internes.

7. Rédiger un rapport synthétique classant chaque item à conserver, moderniser ou supprimer.

Chaque étape peut être menée en autonomie, quitte à solliciter ponctuellement un professionnel pour des points techniques précis. Cette démarche convient parfaitement à la préparation d’une demande de refonte raisonnée auprès d’un prestataire spécialisé notre accompagnement pour une refonte de site.

Checklist pratique du dirigeant TPE/PME pour son audit avant refonte

Lister toutes les rubriques, pages et modules du site.

Consulter les statistiques de fréquentation pour chaque page et fonctionnalité.

Contrôler le bon fonctionnement du site sur mobile, tablette et ordinateur.

Tester le parcours de contact (formulaires, téléphone, prise de rendez-vous).

Repérer les pages-clés pour le référencement et l’acquisition de nouveaux clients.

Interroger 5 à 10 clients ou utilisateurs (internes/externes) sur leurs usages et attentes.

Identifier ce qui provoque des erreurs, de l’agacement ou de l’incompréhension.

Noter chaque contenu ou fonctionnalité dans l’une de trois colonnes : A CONSERVER / A MODERNISER / A SUPPRIMER.

Archiver tout l’existant utile avant de procéder à la refonte.

Ajouter au brief de refonte la liste des points clés qu’il faudra impérativement conserver.

En cas de doute, consulter l’les réponses aux questions sur nos offres ou solliciter une maquette gratuite pour affiner la décision parlons de votre projet.

Les erreurs fréquentes à éviter avant une refonte

Oublier d’archiver l’ensemble du contenu existant, perdant ainsi textes, images ou historique de formulaires. Éluder les statistiques et l’analyse de trafic, risquant la suppression de pages stratégiques. Supprimer ou réécrire certaines URL sans avoir prévu de redirection, provoquant la perte du référencement accumulé. Reconstruire un site uniquement sur des critères esthétiques, négligeant les usages et besoins réels des clients. Enfin, ne pas tenir compte des retours d’utilisateurs, aboutissant à la répétition des erreurs du site initial.

Exemple fictif : l’équipe de la Ménagerie des Jardins aurait pu supprimer le module de conseils (peu stylé mais très visité) et conserver le module d’actualités (design mais sans audience), aboutissant à un recul considérable du trafic et à une démotivation de l’équipe.

Aller plus loin : comparer les devis et cadrer la relation prestataire

L’audit pré-refonte sert également à affiner la relation avec le prestataire web choisi. En présentant un état des lieux argumenté, la TPE ou PME formule des demandes concrètes et peut ainsi comparer des offres sur un socle commun, en évitant les malentendus. Le guide ‘Comparer deux devis de création de site’ Comparer deux devis de création de site : la grille de décision du dirigeant offre une grille de décision pour valider le choix du partenaire.

Il est important de bien relire l’offre, en particulier le périmètre des fonctionnalités conservées ou modifiées, ainsi que le plan de migration. Plusieurs prestataires, dont notre accompagnement pour une refonte de site, accompagnent précisément cette phase complexe.

Sources et liens utiles

Pour aller plus loin et structurer votre démarche, appuyez-vous sur les recommandations de Google Google : créer des contenus utiles pour créer des contenus utiles, sur les conseils de MDN : une structure HTML accessible concernant l’accessibilité des interfaces, et sur les principes de liens décrits dans les bonnes pratiques Google Google : bonnes pratiques pour les liens. Pour cadrer votre projet de refonte ou de création, consultez également notre accompagnement pour créer un site internet et notre guide sur le cahier des charges Cahier des charges d’un site vitrine : le guide pratique.

En complément, la checklist et les guides proposés vous soutiendront pour un audit lucide et un pilotage rationnel du projet.

Questions fréquentes

À quel moment planifier l’audit de son site avant une refonte ?

L’audit se prépare idéalement dès que l’idée de refonte émerge, avant toute prise de décision graphique ou achat de prestation. Il sert de base au cahier des charges et vous permet d’éviter des pertes de contenu, de référencement ou d’expérience lors du changement de site.

Faut-il faire appel à un expert ou peut-on auditer soi-même son site ?

De nombreux aspects de l’audit peuvent être gérés en autonomie : inventaire des contenus, statistiques de trafic, tests d’ergonomie. Pour des questions très techniques (SEO approfondi, migration complexe), consulter un professionnel peut s’avérer pertinent. De nombreux prestataires proposent aussi des maquettes gratuites, utiles pour se projeter parlons de votre projet.

Quels types de contenu doivent absolument être conservés lors d’une refonte ?

Il convient de conserver en priorité : les pages stratégiques pour le référencement naturel, les contenus qui génèrent des contacts ou répondent aux besoins récurrents des clients, et les éléments de preuve (témoignages, portfolio, FAQ, pages de service) dont l’utilité a été démontrée par l’audience ou les retours utilisateurs.

Comment éviter de perdre du référencement lors de la refonte du site ?

En conservant ou redirigeant correctement les URL générant du trafic, en ne supprimant pas de contenus stratégiques sans alternative et en archivant tous les liens internes, vous limitez la perte d’acquis SEO. Les guides Google sur les contenus Google : créer des contenus utiles et sur les liens Google : bonnes pratiques pour les liens sont des ressources fiables pour conserver votre visibilité.

Quels indicateurs surveiller pendant l’audit ?

Surveillez le nombre de visites par page, le taux de rebond, la part du trafic en provenance de la recherche naturelle ou des liens externes, la conversion (prise de contact), les retours et insatisfactions des utilisateurs, ainsi que la rapidité et lisibilité sur mobile. Ces éléments doivent orienter vos décisions de conserver ou modifier chaque rubrique.